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Bulletin d'affaires n°94 !

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Noms d’oiseaux !

Les noms d’oiseaux ont fleuri ces derniers temps pour qualifier les chefs d’entreprise dans le contexte du projet de loi de finance et de la conjoncture difficile actuelle.

« Pigeons », s’étaient autoproclamés les créateurs d’entreprise de la nouvelle économie, pour s’opposer à la taxation confiscatoire qu’on leur promettait sur les plus-values de cession.

« Vautours » assoiffés de profit, comme les qualifiaient certains, parfois haut placés !

Et si l’on regardait la réalité en face dans le domaine qui est le nôtre, celui des PME.

Tout d’abord, au niveau rémunération, la moitié des dirigeants de PME (effectif inférieur à 250 salariés) gagne moins de 50 000 euros/an ; certes, ce n’est pas le smic mais compte tenu des horaires pratiqués et de la responsabilité assumée, on pourrait plutôt les qualifier de « moineaux ».

Sur la période 2000/2010, ce sont pourtant les PME qui ont créé le plus d’emplois, 600 000 au total, même si la tendance s’est arrêtée sur les deux dernières années, du fait de la crise.
Ce constat global d’emplois créés est atteint malgré un taux de défaillance élevé pour les créateurs d’entreprise : une sur trois disparaît après trois ans et une sur deux après cinq ans.

C’est dire si la notion de risque pour un dirigeant de PME qui veut assurer la pérennité de son entreprise est bien réelle et concrète.
Ainsi, lorsque le moment est venu de passer la main en transmettant son affaire à un repreneur industriel ou une personne physique, on ne peut pas traiter de la même manière la plus-value de cession et les revenus du travail ou les placements d’un capital sécurisé.

Cette plus-value est le résultat d’années d’efforts, d’inventivité, de sacrifices parfois, de prise de risques toujours.

C’est cet esprit d’entreprise qu’il faut encourager, y compris sur le plan fiscal, pour offrir aux entrepreneurs un contexte qui les valorise plutôt que les fustige.

Un petit pas a été fait pour corriger, sous conditions, le traitement aberrant des plusvalues de cession d’entreprises initialement prévu, mais restons attentifs aux tentations toujours présentes de « faire payer les riches »… ou supposés tels.

Prenons garde que les entrepreneurs ne se transforment en « hirondelles » comme dans la fable de la Fontaine, l’Hirondelle et les petits oiseaux.

Lassée que ses conseils aux oisillons ne soient pas entendus, elle leur dit :
« Je vous plains ; car pour moi, en ce péril extrême, je saurai m’éloigner, ou vivre en quelque coin (...) Nous n’écoutons d’instincts que ceux qui sont les nôtres, et ne croyons le mal que quand il est venu ».

Bernard Besson
SYNERCOM FRANCE IDF

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