L’audit d’acquisition, un moyen de valoriser la cible

L’audit d’acquisition est généralement considéré comme une étape essentielle dans le processus d’acquisition car il a généralement pour objectifs :
• de confirmer les déclarations du vendeur,
• de limiter la détection de risques dans le futur,
• d’analyser la rentabilité de la cible et la génération de trésorerie de la cible.

Malheureusement, il est aussi perçu plus comme un coût imposé qu’une opportunité par de nombreux vendeurs et ce pour plusieurs raisons :
• il s’agit a priori d’un coût qui sera dû même si l’opération ne se réalise pas,
• voulant limiter le coût, l’acheteur s’en sert comme garantie et non comme une opportunité d’identifier les leviers de croissance ou de rentabilité de la cible,
• l’audit ne cherche pas à identifier les leviers d’amélioration de la rentabilité de la société (appréhension de la véritable rentabilité des clients ou des produits, amélioration de l’organisation et des process, recherche des différenciateurs des marchés…).

Dans ce cadre, l’audit d’acquisition pourrait être un vrai levier de valorisation de la cible s’il était orienté vers la performance et non pas seulement le risque.

Pour ce faire, et tout en ayant une approche économique viable, il est souhaitable pour l’audit d’acquisition de le scinder en deux phases.

Une première phase centrée sur la recherche de la performance, ce qui permettra à l’acheteur de se créer une « marge » entre la valeur actuelle de la cible telle qu’elle ressort des états financiers présentés par le vendeur et la valeur potentielle après mise en œuvre des recommandations issues de cette phase de l’audit. Ces recommandations porteront, après analyse avec des outils appropriés, sur les points suivants :
• amélioration de l’organisation et des process,
• amélioration de la gestion de la trésorerie (stocks, recouvrement client),
• amélioration de la rentabilité (conditions d’achat, prix de vente, rentabilité des clients),
• relais de croissance (marché, produits, services).

À l’issue de cette première étape, l’acheteur pourra confirmer son prix et viendra ensuite la deuxième phase de l’audit centrée sur les risques (déclarations, rentabilité, trésorerie). Mais cette phase pourra être adaptée en fonction de la « marge » créée lors de la première phase de l’audit. Plus la « marge » créée sera élevée et moins il sera nécessaire de rentrer dans le détail des risques, la garantie d’actif et de passif servant d’amortisseur.

Ainsi, l’audit d’acquisition devient un moyen pour l’acheteur de mieux valoriser la cible et donc, soit, dans un processus concurrentiel, de mieux se positionner, soit, dans un processus de gré à gré, d’accélérer l’acquisition au bénéfice de tous et de rendre le financement de l’acquisition plus aisé en mettant en valeur le prix payé au regard de la valeur potentielle. Il est en effet aujourd’hui très rare d’avoir des acquisitions sans effet de leviers.

Frédéric Meunier
Expert-comptable, commissaire aux comptes, Associé
PRIMEXIS